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Mumia Abu Jamal : pourquoi il faut se réjouir, et pourquoi il faut s’énnerver

Le film Toute ma vie en prison, encore dans vos salles, est une enquête sur le cas de Mumia Abu Jamal, emblème international de la lutte contre la peine de mort.

Dans la nuit du 7 décembre 2011, le procureur de Philadelphie a annoncé qu’il ne demanderait pas un nouveau procès en condamnation pour Mumia Abu Jamal. Il accepte en cela la décision de la Cour Suprême datée du mois d’octobre 2011, dont le jugement était limpide, et d’ailleurs rare venant de la Cour Suprême : la condamnation à mort d’Abu-Jamal était inconstitutionnelle.

Il y a donc lieu de se réjouir : une personne échappe à la peine de mort, acte abominable perpétré par des Etats qui se veulent démocratiques, autant que par des dictatures comme la Chine, l’Iran…

Pourtant, cette annonce faite très insidieusement à la veille des événements qui devaient marquer les 30 ans d’emprisonnement d’Abu Jamal, sonne également comme un camouflé.

Le jugement de la Cour Suprême est un jugement de forme, non de fond : les jurés du procès ayant été manipulés par le procureur de l’époque, et ces manipulations ayant pu être établies, la condamnation se devait d’être commuée.

Sur le fond, Mumia Abu Jamal reste néanmoins coupable d’après le jugement de son premier procès potentiellement truqué…

Toute ma vie en prison explique les nombreuses raisons qui tendent à prouver l’iniquité du procès d’Abu Jamal (juge raciste, preuves et témoignages fabriqués, témoignages écartés…), iniquité relevée en 2001 par un rapport d’Amnesty International.

Or, Mumia Abu Jamal n’a plus à présent la possibilité d’avoir un recours à un nouveau procès. Il reste condamné à vie, suite à un procès inéquitable et pour cela sa situation reste un déni de justice. Le devoir d’un procureur devrait être de chercher la vérité. Ici, il a préféré au risque de voir les manipulations exposées publiquement lors d’un nouveau procès, voir Abu Jamal enfermeé à vie.

Le film reste d’une actualité brûlante, posant des questions essentielles sur le pouvoir donné à une démocratie, et à une justice qui sur manipulation de jurés permet d’enfermer pendant 30 ans un homme dans les couloirs de la mort. En cela, le cas de Mumia reste universel, et le film trouve écho dans la lutte de tout condamné à mort, qu’il soit coupable ou innocent des crimes qu’on lui a imputé.

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